Mimiportrait1985

Synopsis: Le Saut dans le vide

« Sur la route de Waterville, je me voyais partir pour l’aéroport de Burlington, cherchant déjà mon deuxième souffle à travers les vapeurs de Métaxa, les yeux brouillés sans doute par les flocons de neige qui s’agitaient dans le pinceau des phares ». Moi, Pierre Javaux, je veux raconter mon histoire d’amour pour Micheline Goulet à travers sa vie comme auteure-compositrice-interprète et poète. Elle m’a tout appris: la passion, le sexe, le chagrin d’amour, les séparations, la mort. Je l’ai vue pour la première fois en 1979, elle était sur une scène et j’ai tout de suite été séduit. Je l’ai retrouvée en 1983 et j’ai commencé à tourner autour d’elle. Je l’ai invitée, moi le bourgeois, elle, la fille du peuple, au Manoir Hovey et le soir même je basculais dans un autre monde comme Alice traversant son miroir.

On verra son intensité, sa passion pour les mots qui me fascinait, les amis qu’elle retenait autour d’elle, tous de remarquables personnages. On entendra ses chansons, son discours, sa poésie, son théâtre et moi dévasté par les déchirements et les séparations mais opiniâtre, revenant sans cesse à la charge et ne renonçant même pas au moment de sa mort puisque me voilà encore en train de parler d’elle.

Biographie de Micheline Goulet

Portlandecume(B)Micheline Goulet est née à Sherbrooke, le 18 janvier 1957. Elle est la fille de Marie-Rose Garand et de Lucien Goulet, chauffeur de taxi. Dans les années 1970, elle fait partie de plusieurs groupes de chansonniers : Chantam, Euzôtes, Épilogue, Caprisson et surtout Nature. Elle enregistre une cassette, Soliterre, en 1984, un microsillon Intense, chez Propulson en 1985 et un 45 tours, Soudée /Lettre à un émigré .

Puis c’est la création d’Indiana qui lui prendra 4 ans de sa vie et qui donnera lieu à une seule représentation donnée à la salle Maurice O’Bready en janvier 1990. Son œuvre (plus de 700 chansons) tourne autour des causes sociales et politiques liées à la liberté des femmes, la non-violence, la paix, le pays québécois et surtout l’amour dans toutes ses facettes dont une sexualité assumée.

Elle renonce à sa carrière d’auteure-compositrice-interprète et retourne aux études. En 1994, elle termine un mémoire de maîtrise en littérature à l’Université de Sherbrooke, qui est en fait un roman sur l’imaginaire social et le baby-boom. En 2001, sous la direction du professeur Pierre Hébert, elle termine un doctorat en littérature à l’Université de Sherbrooke. Sa thèse à pour titre: Une étude de la contrainte et de l’obédience, analyse des œuvres des écrivains féminins du Canada français de 1900 à 1919. Parallèlement à ses études, elle enseigne la littérature et les communications au cégep de Sherbrooke.

Atteinte d’un cancer, elle écrira, dans les derniers six mois de sa vie, plus de trois cents pages de journal: Ce bruyant silence, le printemps sera beauLe sanglot de l’éveil et quatre recueils de poésie : – Silence! Les crocodiles rêvent – Le silence de soi -Poésie de l’aube – La poursuite des adieux. Elle décède à Sherbrooke, à la Maison Aube-Lumière en août 2005, dans la nuit des Perséïdes.